Essai Nissan Navara

Seul pick-up du marché à proposer une suspension arrière à ressorts, le nouveau Nissan Navara illustre à merveille leur virage philosophique : le travail, c'est bien, mais les loisirs, c'est encore mieux ! Les pick-up ne servent plus seulement à se rendre dans la boue des chantiers, mais aussi à s’amuser.

Ce n’est pas à la montagne, mais en ville et sur l’autoroute que j’ai testé le Nissan Navara, un machin haut comme l’Himalaya, long comme un supertanker et large comme le détroit de Sumatra. On appelle ça un pick-up, certains les appellent camion à benne.
Me serais largement contentée d’un Qashqai moi, ou d’un X-Trail, de la même maison Nissan. Mais justement, en parlant de Qashqai, le nouveau Navara s’en est terriblement inspiré, et le camion que j’avais envisagé est plutôt joli à regarder.

Certes, quand on voit son profil, on n’est plus vraiment dans la famille SUV. Le nouveau pick-up de Nissan a taillé le sommet de sa ridelle en forme de petit aileron chromé, les feux avant remontent sur les ailes, l’équipement est high-tech et il consomme moins de gazole...
La version double cabine garnie de cuir se termine par une magnifique benne où je me demande bien ce que je pourrai y caser, étant donné que je n’ai pas la moindre bétonneuse à livrer. De quoi fantasmer pourtant. Et si j’y logeais ma belle-mère pour faire la route vers Val d’Isère ? Elle prendrait le frais et ne se vexerait pas, pour une fois, que je ne lui réponde pas.

Je me hisse à bord de ce Navara pour voir si son habitacle fait le poids : me voilà revenue au pays des SUV. La planche de bord ? C’est celle du Qashqai. Les sièges ? Pareil. Sauf la banquette arrière, au dossier forcément un poil plus vertical. Sur le volant, je retrouve toutes les commandes.


Un pick-up polyvalent et confortable


Rassurée, je démarre. 190 ch à mazout, une boite auto 7 vitesses, et deux tonnes tout rond (sans la belle-mère à l’arrière).

D'accord, il mesure 5,30m. Et sans la remorque du jet ski de mon mari. Mais malgré tout ça, l’engin s’offre de bonnes accélérations. Compte tenu de son poids, on oublie le freinage tardif et appuyé. A bord d’un pick-up, on anticipe, on ajuste et on rectifie.

J’avale les kilomètres en douceur, le dCi 190 ronronne gentiment sans réclamer trop souvent d’arrêt à la pompe (6,4 l aux 100 km), et son double turbo répond présent lors des dépassements (10,3 s de 0 à 100 km/h).

Dans les rues de Dijon, j’ai eu un peu de mal à trouver de la place pour me garer : les meilleures amies du pick-up étant bien évidemment les places de supermarché.
Je n’ai pas eu le temps de partir crapahuter. Mais sachez qu’aucun chemin ne lui fait peur. Le Navara sait escalader, franchir, dévaler les pentes les plus abruptes (contrôle de vitesse en descente de série). Et, une fois muni du blocage de différentiel (option à 500 €), il est capable de s’extraire de toutes les ornières.

Faut-il craquer pour le Nissan Navara ?


Mon conseil :

Attention, le dCi 160 peine davantage sous la charge. Mieux vaut donc ajouter 2 000 € pour passer au dCi 190. Quitte à faire l’économie de la boîte automatique (2 100 €).

Le nouveau Nissan Navara a de beaux jours devant lui. Surtout qu’il échappe, comme tous les autres pick-up, au Malus. En effet, il appartient à la catégorie des véhicules utilitaires. (C’est d’ailleurs ce qui a torpillé leurs frères 4x4 qui, eux, n’échappent pas au malus).
En adoptant une suspension arrière à ressorts, garante d’un meilleur confort sur route, le nouveau Nissan Navara a pris une longueur d’avance sur ses concurrents.

J’ai aimé :

  • Sa polyvalence : champion du chargement, à l’aise sur route
  • Le confort apporté par sa suspension à ressorts
  • La garantie 5 ans ou 160 000 km

J'ai regretté :

  • Les places arrière : espace restreint, dossier trop vertical
  • 4x4 non permanent : mieux pour la sobriété, pas pour la sécurité