Il est destiné à faire jaser. Le pari est gagné. Le nouveau Toyota C-HR est très certainement le plus spectaculaire des SUV du marché. Et pour une raison simple : c’est le dernier arrivé et son allure de concept-car mélange les genres.

Entre le coupé et le SUV, ce Coupé High Rider –c’est son nom complet- bouscule l’œil du passant avec ses ailes boursouflées, ses énormes feux arrière arrières, ses portes à la poignée escamotée et son centre de gravité ultra bas. Une exception chez les SUV.
À l’intérieur, le festival continue. Le GPS dissocié de la planche est un choix esthétique assumé. Comme la disparition des boutons de la même planche. Même le système d’ouverture de cette planche est planqué. Ce qui le rend difficile à trouver, mais participe de la zénitude d’ensemble.

Véhicule innovant dans son design, mais quand est-il du reste ?


Côté mécanique en revanche, rien de bien nouveau. Le C-HR reprend l’intégralité de la plateforme de la Prius, moteur, boite, suspensions et direction comprise. C’est d’ailleurs un choix ultra judicieux. Car la 4e version de l’hybride pionnière est particulièrement réussie. Le châssis impeccable sied à la berline et au SUV aussi. Jamais une Toyota n’était aussi bien suspendue et la marque japonaise revient de très loin, de contrées ou la tenue de route était approximative, la direction floue et les suspensions trop élastiques.

Le moteur hybride de 122 ch cumulés n’est pas d’une nervosité excessive, mais ce n’est pas là son propos. Et la boite e-CVT qui l’accompagne est là pour éliminer toute pugnacité du pied droit. Le C-HR exige du calme et de la zénitude pour être mené bon train. Tout l’inverse de sa ligne rebelle. Mais il récompensera son conducteur en lui offrant une belle image pour enfant sage : une conso qui ne dépassera qu’exceptionnellement les 5,5L/100km.

Si d’aventure, quelques énervés souhaitent enfoncer plus gaillardement l’accélérateur, l’autre moteur disponible leur est dédié. Ce gaillard 1.2L Turbo essence est associé à une boite mécanique à 6 vitesses. Mais il faudra compter un bon litre d’essence supplémentaire pour effectuer 100 km en toute nervosité. Ces rebelles ne constituent pas pour autant une cible privilégiée pour Toyota qui mise surtout sur sa version hybride qui devrait représenter 85% des ventes de l’engin. Un score exceptionnel surtout lié à l’absence de modèle diesel, toujours dominant dans ce segment.

Du coup, le seul concurrent sérieux de ce SUV Ovni est actuellement coréen. Le Kia Niro mise lui aussi sur l’alliance essence – électrique et ne dispose même pas d’une version essence de substitution. Sauf que ce dernier est plus puissant (1411ch) et un peu moins cher dans ses finitions haut de gamme.

Alors, faut-il craquer pour le Toyota C-HR ?

Reste que Toyota a la légitimité de son ancienneté dans ce domaine pour lui. Mais aussi ses atouts électroniques (une batterie de systèmes de sécurité hérités de la Prius), sa réputation de fiabilité, qui lui offre une excellente valeur de revente, ainsi que son look très particulier.
Une volée de bonnes intentions que le Japonais ne brade pas.

Le C-HR s’affiche à partir de 28 500€ dans sa version hybride pour culminer à 34 500€ en finition haute. L’originalité d’une ligne et la réputation d’un constructeur se paient chers.